jeudi 3 septembre 2026

Notre 'ADIEU" à Sœur Emmanuelle

 

SŒUR EMMANUELLE DE L’ENFANT JÉSUS 

20 AOÛT 1943-30 JUILLET 2026


Sœur Emmanuelle de l’Enfant Jésus a rejoint la maison du Père le jeudi 30 juillet 2026 et ses funérailles ont été célébré le jeudi 6 août, jour de la fête de la Transfiguration. A sa famille comme à nous, il est apparu comme une évidence que les textes de la liturgie seraient les textes de cette fête. Une amie de Sœur Emmanuelle un peu éloignée de la foi à qui j’expliquais ce qu’était la Transfiguration me disait : « oh, mais cela lui correspond tout à fait. »

Le jour de sa mort, les derniers soignants qui l’ont vu l’avaient fait toute belle, et lui ont dit : maintenant vous êtes prêtes, vous pouvez partir vers Dieu. Ils avaient demandé des CD de musique d’église à Sr Françoise pour l’accompagner dans ses derniers moments mais notre sœur a préféré partir seule à la rencontre de son Seigneur avant qu’elle n’arrive auprès d’elle.

C’est dans un petit village du Revermont dans l’Ain à Romanèche la Montagne que naissait, Marie-Claude Aimone sixième enfant de la famille Aimone où son papa Albin était boulanger et marchand de vins et sa maman Élisa native d’une famille de carriers.

Odile, Marie-Claude (Sœur Emmanuelle), et Annick, les 3 dernières sœurs de la fratrie ont vécu heureuses, sans manquer de rien mais avec l’essentiel, celui de se savoir aimées, témoigne sa sœur Annick.

Une de ses tantes célibataire sans enfants, l’avait pris sous sa protection et l’a certainement modelée religieusement et spirituellement dès son plus jeune âge avec pèlerinages à Fourvière à Lyon, à La Salette, à Lourdes… et bien d’autres encore.

Après ses études jusqu’au baccalauréat dans une école des sœurs du Sacré Cœur, elle a été institutrice pendant un an en primaire.

Puis elle a fait une licence de lettres à la catho de Lyon dans les années 1968 où elle a vécu de belles années, vivant avec sa sœur Annick dans un petit appartement et allant régulièrement à la messe. C’est à ce moment que s’est approfondi son désir de se donner pleinement à Dieu.

C’est alors qu’a lieu une rencontre avec les sœurs Ursulines de la Montée saint Laurent et plus particulièrement avec Sœur Thérèse Popiel avec qui une véritable complicité naîtra.

Cela la conduira à répondre à l’appel du Seigneur en entrant non au Carmel, son premier désir, mais chez les Ursulines CJA le 21 novembre 1968 pour la fête de la Présentation de Marie au Temple.

Sœur Emmanuelle est ensuite partie à Rome pour ses années de postulat et de noviciat et a fait là-bas ses premiers vœux le 15 août 1970

Elle est ensuite revenue à Lyon de 1970 à 1976. A sa demande, elle a fait des études d’infirmière. Elle a prononcé ses vœux perpétuels dans son village natal de Romanèche le 6 juin 1976.

Puis elle a été envoyée en communauté à Virieu et a travaillé comme infirmière à la maison de Repos devenu le Centre de soins de 1976 à 2007.

En 2007 arrivée à la retraite professionnelle, elle a rejoint la communauté de Lyon rue David. Elle y est restée jusqu’en 2013 et a été bénévole au CPU (Coup de pouce Universités) pendant toutes ces années pour accueillir les étudiants étrangers et demandeurs d’asile.

En 2013, elle a été envoyée à Modane où, chargée de la pastorale paroissiale auprès des malades, elle rendait visite avec une grande joie aux malades, chez eux, en maison de retraite et à l'hôpital. Elle participait également aux activités de l'association « Secours catholique » et, pendant la saison estivale, à l'organisation d'actions de pastorale auprès des touristes.

Elle a pratiqué partout et toujours la « culture de la rencontre » chère au Pape François s’arrêtant à chaque coin de rue pour saluer personnes connues et inconnues et échanger quelques mots ou un sourire avec eux, ce qui obligeait souvent ceux et celles qui l’accompagnaient à l’attendre et souvent à perdre patience et continuer la route sans elle…

Sa sœur Annick dans son témoignage a dit en s’adressant à elle : « Du caractère, tu en avais…pas toujours exprimé, mais bien réel. Appliquée, généreuse, volontaire en tout, passionnée pour les autres, bienveillante pour tous, sans à priori, avec une oreille toujours attentive, tu étais très à l’écoute des autres… un peu trop parfois car souvent tu en oubliais le temps… Et t’oubliais toi-même… Si « aimer, c’est tout donner et se donner soi-même, tu as su aimer jusqu’au bout, en vérité, sans apparats… c’était ton essentiel de vie, ton charisme. Pour partager joies et peines familiales, tu as toujours été là, tu accourais, te réjouissais ou pleurais avec nous. Tu te donnais à fond… Pour tout cela nous te disons « Merci » et rendons grâce pour tout ce que tu as accompli au cours de ce temps terrestre. Maintenant que tu as retrouvé Celui que tu as tant cherché, tant prié, tant aimé, ainsi que tes parents, tes frères et sœurs, tes beaux-frères, tes neveux, veillez sur nous de là-haut »

Il y a quelques mois un cancer généralisé a été diagnostiqué qui a conduit Sœur Emmanuelle à être hospitalisée et à rejoindre le Centre de soins de Virieu et non notre communauté où elle devait venir s’installer après son départ de Modane. Les 3 sœurs de cette petite communauté ont accompagné sr Emmanuelle jour après jour par leur présence aimante et priante.

Tant qu’elle a pu, elle a partagé son sourire avec tous ceux très nombreux (parfois trop nombreux à notre goût) qui venaient la visiter et avec les soignants. Cependant elle nous a aussi partagé qu’elle vivait un véritable combat de la foi. Une de ses dernières paroles à sa sœur Odile qui lui disait : Dieu T’attend avec ses bras grands-ouverts, elle a répondu : Il est où Dieu ? Maintenant sûrement elle a sa réponse et nous espérons qu’elle lui devient « semblable » illuminée par la lumière du Christ Transfiguré fêté le jour de ses funérailles  : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’Il est (1 Jean 3,2)